Relations entre les USA et l’Amérique latine

La perception américaine de l’Amérique Latine :

Historiquement les intérêts des USA en AL sont stratégiques (la défense de l’hémisphère occidental contre une attaque externe ou subversion interne par des ennemies des USA (et donc, des ennemies des Etats latino américains) et économiques. Relations profondément marquées par le Darwinisme social, hérité de l’impérialisme de la fin du 19ème  Supériorité des anglo-américains. L’indépendance latino américaine était prématuré, car ces Etats n’ont pas la capacité de s’autogouverner. Les interventions américaines sont justifiées par le moralisme et la destinée manifeste.

Remarque : La sécurité nationale américaine inclut la défense de leurs intérêts économiques.

Monroe doctrine – 1823

1.  Monroe déclare qu’aucun Etat américain ne doit plus être considéré comme objet de colonisation par aucune des puissances européennes ;  2.  Monroe parle des différences entre  les systèmes politiques européen (monarchies) et ceux de l’hémisphère occidental  (démocraties);  3.  En retour pour la non intervention des puissances européennes dans l’hémisphère occidental, les USA ne interviendront pas dans les affaires européens.

Le corollaire Roosevelt de la doctrine Monroe pouvoir de police international pour préserver la stabilité, le bon ordre et la prospérité  politique de la canonnière : intervention des USA dans les Caraïbes en cas des menaces internes ou externes position stratégique pour la défense du Canal du Panama. La doctrine Monroe, conçue initialement pour empêcher l’intervention des puissances européennes, sera utilisée pour justifier l’intervention américaine. Big stick : ‘parlez doucement et portez un gros bâton, vous irez loin’ :  montrer sa force pour n’avoir pas à s’en servir, et préparer la guerre pour l’éviter. 1905 : République dominicaine ; 1912 : Nicaragua

Dollar Diplomacy: Président Taft  le gouvernement américain était disposé à encourager activement et à soutenir l’investissement à l’étranger en vue d’assurer les investissements profitables aux capitaux américains évincer les capitaux européens.

 

Les grandes politiques latino américaines des USA entre 1914 et 1962

1903-1933 : Intervention militaire directe:

La politique américaine entre 1914-1933 peut être caractérisé par une politique d’intervention militaire afin de garantir la ‘stabilité’ des régimes ( lire ‘intérêts américains’) surtout dans les petits Etats de l’Amérique centrale et Caraïbes. Sous le plan économique, les USA prennent en mains les investissements (transfert des dettes envers les puissances européennes aux USA) et le contrôle directe sur les finances (Haïti, République Dominicaine et Guatemala).

Le moralisme de Wilson[1] : Lors de son élection Wilson annonce l’abandon de la politique de la canonnière les USA ne vont plus assurer leurs intérêts économiques et  stratégiques en AL par la force. Pendant l’administration Wilson les USA interviendront d’avantage en AL que sous Taft ou sous Roosevelt (Mexique, Haïti, Nicaragua et République Dominicaine). Réalisme politique traditionnel et égoïste l’emporte sur les principes moraux.

Pendant les années 20 la dépendance économique de l’Amérique latine vis-à-vis des USA augmente (surtout pour les pays de l’Amérique centrale et Caraïbes) bien comme le sentiment anti-américain. Harding (1921-23) et Coolidge (1923-28), préoccupés avec l’image impérialiste des USA  retraite des marines[2].

 

Good neighbor policy : commencée avec Hoovercrise de 1929 USA se tourne vers les affaires intérieures. Elle sera adoptée officiellement comme politique extérieure par Roosevelt en 1933 encourager les relations amicales et la défense mutuelle dans l’hémisphère occidental après des années d’interventionnisme militaire américain[3].

Les réelles motivations de Roosevelt : Il est préoccupé par la monté en puissance des régimes fascistes en Europe, il veut lutter contre le sentiment anti-américain en AL (montée de l’influence allemande comme opposition à celle des USA), diminuer des dépenses avec l’occupation (crash de 1929), et donner une satisfaction à l’opinion publique américaine (USA critiquent violemment le Japon et sa politique interventionniste en Asie, il ne peuvent donc pas faire le même en Amérique centrale).

Sortie de la politique de la canonnière vers d’autres formes de contrôle : support américain aux dictatures pro-américaines (comme Somoza au Nicaragua, Trujillo dans la République Dominicaine, Batiste à Cuba) qui facilite l’implémentation de la politique de non-intervention, influence économique et culturelle (plan de développement mené par Rockfeller) et militaire (ouverture des écoles militaires en AL, envoi des conseillers militaires en ALjouera un rôle important dans la Guerre froide). Le Entre 1936 et 1941  Conférences interaméricaines  Quête d’union continentale dans l’effort de guerre. 09/12/1941 : L’entrée des USA dans la Seconde Guerre mondiale.

Janvier 1942 : Troisième réunion de consultation à Rio[4] par convocation des USA

Février 1945 : Conférence interaméricaine extraordinaire[5] dans laquelle, l’Acte de Chapultepec est signé (Traité d’assistance réciproque).

Des nombreux Etats latino Américains rejoignent les USA dans leur combat pour la démocratie alors qu’ils étaient régis par des régimes profondément antidémocratiques. Après la guerre une vague de démocratisation en AL.

 

Cold War consensus

La fin de la guerre et le début de la guerre froide garantir la présence de l’AL dans le camp occidental. AL était dehors de la zone de pénétration soviétique, donc pas une priorité stratégique.

Les conférences interaméricaines  La création de la OEA

15/08/1947 : Conférence interaméricaine pour le maintien de la paix et de la sécurité collective à Rio de Janeiro : signature du Traité interaméricain d’assistance mutuelle (le ‘Traité du Rio’)[6] 

30/03/1948 : Neuvième Conférence internationale américaine, à Bogota :  La Charte de l’Organisation des Etats Américains (OEA) et la ‘Préservation et défense de l’AL[7] :

 

En 1947-1948 on assiste à une inversion de la tendance démocratique qui va peut à peut changer le paysage politique latino-américain  début de la guerre froide. On assiste alors entre 1948 et 1955 à la dégradation ou disparition des régimes démocratiques suppression des gouvernements pro-communistes (lire : Tous les gouvernants qui essayent de mettre en place une politique social et nationaliste qui portent atteinte aux intérêts américains). Ces dictatures bénéficiaient de la bienveillance des USA, dans la mesure où elles faisaient les championnes de la lutte contre le communisme et offraient un climat propice aux investissements nord-américains. Its better to have a strong regime in power than a liberal government if it is indulgent and relaxed and penetrated by Communists’, G. Kennan 1950 à Rio. A partir de 1954, la politique latino américaine des USA est concentré dans la lutte contre la révolution communiste[8]  l’interventionnisme américain change de visage : ne sont plus les marines qui viennent, mais la CIA, crée en 1947, qui intervient par biais des ‘groupes dissidents à l’exile’ Guatemala en 1954  (il n’y a plus des marines jusqu’en 1965 : Rép. Dominicaine); 1959 : Fidel Castro à Cuba il cherche l’appui américain, puis il se tourne vers l’URSS.  Peur d’une révolution communiste en Amérique Centrale donc support à tous les gouvernements de droite.

 

Alliance for Progress

Kennedy essaye une politique de prestige par une aide militaire et financière massive.

1961 – Kennedy annonce la création d’une ‘Alliance pour le progrès’ – un sort de plan Marshal pour l’AL  un vaste effort en commun sans précédent par son ampleur et la noblesse des ses objectifs, pour satisfaire les besoins fondamentaux des peuples latino-américains en ce que concerne le logement, le travail, la terre, la santé et les écoles’  On espère obtenir une croissance de 2,5% par an. Kennedy croit que le meilleur moyen  d’obtenir la stabilité et d’éviter le communisme en AL était de favoriser la démocratie, la croissance économique et le changement social, un ‘anticommunisme éclairé’ en quelque sort. Mais la guerre froide et la volonté de ne pas laisser l’URSS ou Castro exploiter des situations difficiles expliquent pourquoi les USA préfèrent  agir en coopération avec des gouverneurs d’Etats anticommunistes que préfèrent construire des écoles même si après il n’y a pas des enseignants. Kennedy doit laisser de côté son support aux démocratiques  pour garantir l’unité dans la lutte anticommuniste. Cuba en 1961 – Baie des cochons ; La crise des missiles en 1962  garantie américaine de non intervention dans l’île. Mais ceci aura des importantes conséquences dans la politique américaine vis-à-vis l’AL la peur d’une révolution communiste amène les USA à supporter en AL entre les années 60 et 80 les dictatures de droit les plus totalitaires.

 



[1] Mexique : 1913-14 : Vente des armes à Caranza et isolement diplomatique de Huerta ; 1914  marines à Vera Cruz contre le gouvernement Huerta; 1916-17 : Général Pershing

1915-34 : Haïti  effondrement du gouvernement  occupation partielle par les marines, nomination par le président des USA d’un conseiller financier, pas d’augmentation de la dette publique sans l’accord américain, pas de vente des terres à une puissance étrangère.

1916 : Nicaragua : Traité Brian-Chamorro : droit de construire un canal interocéanique, le privilège d’établir une base navale et le contrôle presque total sur les finances du pays banquiers Américains organisent les finances et établissent une banque nationale.

1916-24 Envoie des marines à la République Dominicaine  contrôle financier.

1917 : achat des Iles Vierges (avec ses 26.000 habitants) du Danemark

[2] République Dominicaine en 1924 (mais gardent le contrôle sur les droits de douane), Nicaragua en 1925 (ils retourneront entre 1926-31 à cause de Sandino et quitteront définitivement le pays en 1933).

[3] A partir de 1934 : l’amendement Platt sera retiré de la constitution cubaine (Batista est le président) et les marines américains seront rapatriés d’Haïti en 1936. 1938 : la nationalisation du pétrole mexicain par Cardenas. En novembre 1941 les deux gouvernements acceptent que le Mexique ait le droit de nationaliser ses ressources en pétrole.

 

[4] Les USA demandent aux pays latino américains la rupture des relations commerciales et diplomatiques avec les pays de l’Axe. Par l’initiative de l’Argentine, ils n’obtiennent que une recommandation.

 

[5] Dans cette conférence c’était décide que les pays qui n’avaient pas encore déclaré la guerre contre l’Allemagne, le Japon et l’Italie le ferraient, afin de pouvoir  adhérer  aux Nations Unies. (Remarque : plusieurs des pays ayant déclaré la guerre dans le dernier moment  participaient déjà de l’effort de guerre du côté américain.)

 

[6] la mise en œuvre des mécanismes de solidarité continentale en cas d’agression. Son article 6 va plus loin car il fait référence à ‘une agression qui ne soit pas une attaque armée’ ou à ‘quelque autre fait ou situation susceptible de mettre en péril la paix d’Amérique’ (large marge d’interprétation sur la nature des menaces à la sécurité collective). L’article 6 sera invoqué en 1954 dans le cas du Guatemala.

 

[7] ‘en raison de leur nature antidémocratique et de leur tendance interventionniste les activités politiques du communisme international, au même titre que celles de toute autre idéologie totalitaire, sont incompatibles avec le concept de liberté défendu en Amérique’.

 

[8] Mars 1954, à Caracas ; la dixième Conférence internationale d’Etats américains fut votée la ‘Déclaration de solidarité pour le maintien de l’intégrité politique des Etats américains contre l’intervention  du communisme international’. L’Argentine, le Mexique et le Guatemala votent contre cette déclaration.