Analyse politique des relations économiques internationales

 

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Sujet : gestion de la politique économique par les différents acteurs depuis 1945, conséquences économiques des choix politiques

 

TROIS PERSPECTIVES : LIBéRALISME, MERCANTILISME ET NéO-MARXISME

 

 

Une vue d’ensemble

 

1.      Trois dimensions

 

Ces écoles apportent toutes 3 aspects fondamentaux :

-     l’aspect empirique : elles sont descriptives

-     l’aspect prescriptif : elles ont toutes une idéologie

-     l’aspect prédictif : selon leur compréhension des relations politiques économiques internationales.

 

2. Développement séquentiel: mercantilisme classique, libéralisme, marxisme

 

Tout le monde est influencé par une de ces trois écoles (Cf : tableau), elles se sont nourries les unes des autres.

Les premiers à théoriser les relations internationales sont les mercantilistes (15-18ième). Les relations économiques internationales sont alors la meilleure occupation possible des mers afin de ramener de l’or. La puissance d’une nation équivaut à son montant d’or, et donc le jeux des relations internationales est d’amasser le maximum d’or.

L’acteur principal est l’état qui va manipuler les relations économiques internationales (REI) de façon à amasser le plus d’or possible pour promouvoir le bien-être national (c-à-d l’économie et l’armée). Les acteurs économiques privés dépendent de l’état. Le libre-échange est contre-productif et dangereux, le commerce doit être géré par l’état nation.

Le mercantilisme est le pendant économique du réalisme.

 

Les premiers à réagir contre cette théorie sont les libéraux qui développent l’idée de l’avantage comparatif et pensent que le libre-échange est bénéfique. Le libéralisme représente alors un défi économique et un courant politique (liberté de l’individu).

 

Fin 19ième les marxistes contestent la théorie du libre-échange, qui, selon eux, mène à des dérapages sociaux.

 

Dès le 20ième ces mouvements évoluent.

 


1.      Tableau comparatif: critères de comparaison

 

Voire tableau sur feuille volante ou p.27 du texte de Gilpin

 

 

Néo-mercantilisme

 

1. Evolution par rapport au mercantilisme classique

 

La version actuelle a du s’adapter à l’évolution et aux défis théoriques des libéraux. Ils sont d’accord avec l’idée de croissance globale du bien-être, mais ils rajoutent que c’est la répartition de ce bien-être qui compte, il y a selon eux un problème de distribution important qui est négligé par les libéraux. Ils se rapprochent ici des marxistes sauf qu’ils ne considèrent pas les inégalités entre différentes classes sociales mais entre différents états.

 

L’acteur principal est l’état-nation dont le but est de maximiser le bien-être national. L’état est donc premier et les entreprises doivent se conformer à lui.

 

2. Quelques exemples

 

Ex: L'UE a un aspect libéral mais également néo-mercantiliste. La politique agricole commune permet aux états d'intervenir dans les échanges internationaux. Intervention du commerce stratégique leur permet d'intervenir dans certains domaines (recherche et développement), ex: conflit Boing/Airbus.

 

La conséquence du néo-mercantilisme est le risque d'avoir une course aux alliances, des blocs régionaux. Ex: USA/UE (jeu à somme nulle).

 

Cependant le néo-mercantilisme montre qu'il est difficile de séparer l'économie de la sécurité. De plus l'ouverture des frontières risque d'amener de forts transferts de travailleurs qui impliquent une intervention du gouvernement pour ce qui concerne les attaches sociales.

 

Libéralisme

 

1. Micro-fondements

 

Le libéralisme a trois micro-fondements :

-     l’individu

-     le marché

-     la propriété privée

 

2. Libéralisme et relations économiques internationales

 

C’est selon ces trois fondements que la production des richesse est optimale, grâce au libre marché. Les REI permettent d’essayer d’approcher au mieux les conditions du marché libre (le marché mondial est la taille optimale du marché).

La liberté d’échange (capital, travail, produits…) est essentielle.

 


 

Dans cette perspective les états-nations ne disparaissent pas mais ils ne sont pas les acteurs principaux. Les acteurs les plus importants sont les individus et les groupes d’individus. Cependant, le libéralisme ne demande pas la fin de l’état, celui-ci est nécessaire en tant qu’arbitre ou/et gendarme. Il doit surveiller le marché et la propriété privée. Il doit également produire certains biens publics que le marché ne fournit pas (échecs de marché) mais dont il dépend. Au niveau international le rôle du gendarme est joué par les organisations internationales : OMC…

 

Aujourd’hui le libéralisme veut promouvoir le libre-échange et stabiliser le contexte. Par rapport aux pays en voie de développement les ultra-libéraux se nourrissent du succès des dragons du sud-ouest asiatique, tandis que les plus teinté parlent de problèmes d’infrastructure ; il faut d’abord que ces pays s’adaptent pendant un certains temps et les aider durant cette période. C’est la théorie de l’infant-industry.

 

 

Marxismes

 

1. De Marx à l'école de la dépendance

 

Marx ne dit pas grand-chose des relations internationales, il est plus intéressé à la production des richesses au niveau national. Les néo-marxistes voient les relations internationales d'un point de vue systémique et divisent le monde en plusieurs parties (ex: Wallerstein parle du centre, périphérie, semi-périphérie).

 

Il y a un autre courant plus tiers-mondiste (Dépendance) né en Amérique latine qui s'appuie sur les coûts sociaux de l'échange international sur les pays en voie de développement.

 

La version actuelle du marxisme est la deuxième génération de néo-marxisme, qui est la première étude sur les multinationales (qui transmettent le capitalisme qui vient du nord) faite par des universitaires américains.

 

2. L'école de la Dépendance

 

C'est une approche micro qui date des années '60-'70 avec les auteurs Frank et Cardoso. Cette école s'intéresse aux distorsions sociales des pays en voie de développement qui doivent s'adapter au marché capitaliste international. Elle est issue de la pensée de sociologues qui ont une vision très noire et très pessimiste quant au développement de ces pays.

 

Selon eux il n'y a pas d'améliorations possibles pour les pays qui partent déjà désavantagés. Pourquoi ce pessimisme ? Il y a deux aspects:

 

-     Les capitalistes adoptent des stratégies optimales, ils planifient l'exploitation des pays du sud. Cette planification passe par des canaux complexes: un noyautage de la société. Ils développent une élite indigène "à la solde" du capitalisme. Par exemple en Amérique latine cette élite est souvent représentée par les militaire. Les capitalistes leur donne le pouvoir en échange de l'instauration de structures capitalistes.


 

-     Il est difficile de mobiliser les mécontents et donc on ne peut espérer des révolutions.

 

L'apport principal de l'école de la dépendance est une description très précise de la transformation de la société. Elle montre la transition difficile des sociétés primitives (basées sur des aspects culturels) vers un régime capitaliste. La solution serait de se fermer au nord et de développer une coopération régionale. (Samir Amin se penche sur ce problème en Afrique).

 

La théorie de la dépendance n'a plus vraiment la cote  aujourd'hui car elle est trop ralliée au marxisme. De plus ses prédictions n'ont pas marché dans certains pays. En effet, les pays du sud-est asiatique ne correspondent pas aux prédictions selon lesquelles un pays initialement pauvre le reste. Il y a donc un problème empirique qu'ils n'ont pas réussi à résoudre.

 

Un autre problème de cette théorie est celui des définitions. Il faudrait mieux définir la situation de départ des pays, qu'est-ce que la dépendance…

 

3. L'économie monde

 

C'est une approche macro dont le représentant est Wallerstein. Cette théorie essaye de montrer la montée et le déclin de la puissance qui passe par certaines zones: centre, périphérie, semi-périphérie.

 

Wallerstein montre la robustesse d'une économie monde basée sur le capitalisme et quelles sont les nations qui ont été au centre et comment elles ont évolué. Cependant il ne l'explique pas très précisément. Il explique plus le déclin que la "montée". Il dit également que les pays capitalistes ne sont pas unis, ils se battent pour le centre.

 

Synthèse

 

1. Tableau comparatif

 

Voire tableau p.27 texte de Gilpin

 

1.      Le problème de la coopération et les trois écoles de pensée

 

Libéraux

 

Selon eux, la coopération devrait être quasi automatique car tous le monde gagne à échanger par une meilleure allocation des facteurs de production. Cependant ils reconnaissent que ce monde idéal n'existe pas, donc il faut un arbitre discret qui interviendrait au minimum.

 

Dépendance

 

La coopération est à éviter, coopérer avec le nord revient à "vendre son âme au diable". Cependant, la coopération doit être recherchée avec ceux qui sont de même niveau. Ils prônent donc une coopération très sélective.

 


 

Néo-mercantilistes

 

La coopération doit être recherchée uniquement si elle aide à bâtir des alliances pour résister à d'autres. C'est également une coopération très sélective dans un but de survie.

 

 


 

INSTITUTIONS INTERNATIONALES ET LE PROBLèME DE LA COOPéRATION

 

Dilemmes de l'action collective

 

La théorie des jeux sert à voire les obstacles à la coopération. Postulat de base: chaque acteur est rationnel et recherche son intérêt.

 

1. Collaboration

 

C'est le jeu du dilemme du prisonnier. Les intérêts communs ne vont pas être réalisés car chacun pense que les autres ne coopéreront pas. Le resquillage est la stratégie dominante des deux acteurs, il n'y a donc pas de résultat optimal, rien ne se fait, la coopération (3,3) est instable (chacun veut aller ou il a 4). L'idée est de transformer les acteurs pour les amener à coopérer. Exemple du dilemme du prisonnier: la démilitarisation.

 

Dilemme du prisonnier

 

C

non C

C

3,3

1,4

non C

4,1

2,2

 

Création du bien public

 

-     Ce jeu explique la création des biens publics: si on le crée, on ne peut empêcher que d'autres en profitent, certains préfèrent donc resquiller: ne rien faire.

-     Un seul acteur peut produire le bien (sinon resquiller ne sert à rien)

-     Il n'y a pas d'effet de rivalité de consommation.

 

La collaboration est un cas très problématique de coopération car il y a une méfiance qui donne un contexte défavorable.

 

2. Coordination

 

Dans ce jeu, les acteurs sont convaincus qu'il faut coopérer, mais ils ne savent pas comment.

 

Présupposé: les acteurs veulent s'entendre mais chacun veut atteindre son point optimal.

 

Poule mouillée

 

C

Non C

C

3,3

2,4

Non C

4,2

1,1

 

2 équilibres: 2, 4 et 4,2.

Pareto supérieur = 3,3  2,4  4,2 : on ne peut améliorer la situation d'un des acteurs sans nuire à celle de l'autre.

 


 

Bataille des sexes

 

C

 Non C

C

2,2

3,4

Non C

4,3

1,1

 

2 équilibres: 3,4 et 4,3

Pareto supérieur = 4,3  3,4

 

Dans le  jeu  de la poule mouillée la nuance est plus grande, et donc la difficulté à se mettre d'accord est plus grande.

 

Création du bien public

-     Théorie du best shot: il faut que celui qui a la meilleure technologie développe le bien public pour que tous le monde puisse en profiter.

-     La création du bien public doit donc être laissée à un leader, il ne faut pas que chacun essaie de le créer.

 

3.Assurance

 

Présupposé: l'information est optimale (ceci est difficile à concevoir dans les relations internationales car le processus de prise de décision se fait au niveau interne, il est difficile pour notre partenaire de connaître nos décisions)

 

Chasse au cerf

 

C

Non C

C

4,4

1,3

Non C

3,1

2,2

 

Création du bien public

 

-     il correspond au fait qu'aucun des acteurs ne peut vraiment produire le bien tout seul, donc la faiblesse de chacun rend la coopération nécessaire pour tout le monde

-     Ce jeu est différent des autres car il émet l'hypothèse que le bien public ne peut pas être créé par un seul acteur.

 

4.Groupe privilégié

 

C'est une situation très harmonieuse ou les deux acteurs sont prêts et capables de coopérer. Chacun a une stratégie dominante: collaborer quelle que soit la position de l'autre.

 

 

C

Non c

C

4,4

2,3

Non C

3,2

1,1

 


 

Création du bien public

 

-     Le bien est optimal car tout le monde le fait (contraire du best shot)

-     Donc, il n'y a pas de dilemme de l'action collective (reprend la théorie libérale).

 

Cependant, le plus souvent dans les relations internationales il n'y a qu'un seul acteur prêt et capable de créer le bien public. Cet état crée donc le bien qui est exploité par les autres (suasion).

 

Suasion (persuasion)

 

                      Etat hégémonique

 

C

Non C

C

4,3

2,4

Non C

3,1

1,2

 

Ce jeu est un mélange du groupe privilégié et d'un autre jeu, il est asymétrique: les acteurs ont des ordres de préférence différents. L'état hégémonique a le type de préférences du groupe privilégié. Le petit état a les préférences relatives au dilemme du prisonnier. Donc le grand état va toujours coopérer tandis que le petit à tendance à faire le free rider. Le grand va donc essayer de persuader le petit de coopérer. Ex: L'OTAN: les USA payent le prix fort mais ils essaye de faire coopérer l'Europe un maximum.

 

Les prévisions que donnent la théorie des jeux se basent sur les préférences des acteurs (1à 4), la difficulté est de justifier ces préférences, or c’est ce qui est important. Il faut donc regarder les intérêts des acteurs.

 

Qu’est ce qui influence les ordres de préférence ?

 

-         la taille du pays (capacité à absorber les chocs)

-         considérations de politiques interne (capacité d’extraire les ressources) soutien populaire. Ex : on coopère au niveau international si l’on est assuré du soutien populaire

Les matrices symétriques sont des idéaux types assez rares. On trouve plus souvent des matrices asymétriques, car les pays sont différents.

 

Institutions et action collective

 

1. Qu’est ce qu’une institution ?

 

Définition de l’institution dans le régime international (Cf : Krasner) :

 

Ensemble des principes, normes, règles et procédures (ces termes sont énoncés ici du plus général au plus précis) sur lesquelles les attentes des acteurs convergent. C’est à dire acceptées en commun par un groupe d’acteurs qui les comprennent de la même manière et s’y conforment.


Exemple de principes :

 

Le GATT et le FMI représentent des principes. Ces institutions partagent une idéologie libérale, elles souhaitent une maximisation du bien-être par le free trade.

 

Exemple de normes :

 

OMC :

-     libéralisation (abolition de quotas et des droits de douane)

-         traitement non discriminatoire et égal

-         norme de réciprocité

-         norme de la sauvegarde (possibilité de se retirer temporairement du GATT) donc porte de sortie légale

 

FMI :

-         chacun des membres a un accès au financement en cas de déficit

-         s’abstenir de manipuler les taux de change

 

Exemple de règles :

 

C’est la mise en application des obligations qui découlent des normes. Plus le régime grandit et plus il y a de règles et procédures.

 

OMC : most favored nation

 

FMI:  conditions pour demander un financement

 

Exemple de procédures

 

OMC : détails du mécanisme de prise de décision

 

FMI : savoir à qui demander quoi, combien de temps ça prend…

 

Krasner (néo-réaliste dont le but est de donner une existence aux régimes en dehors des état-nations)  fait la distinction entre principes et normes ( changement de régime) ainsi qu’entre règles et procédures (changement à l’intérieur du régime). Le prof ne fais pas cette distinction lorsqu’il parle de changements institutionnels. Il focus surtout sur les normes et les règles.

 

Définition de l’institution pour les économistes : règles du jeu. Le marché est une institution, le G7 n’est pas une OI mais a une influence, c’est donc un régime.

 

2. Dilemme de l’action collective et rôle des institutions internationales

 

Les régimes sont utiles pour la coopération internationale car ils permettent de manipuler les comportement des états afin de permettre la coopération internationale.

 


 

Celle-ci se fait par 4 axes stratégiques :

1. Les institutions….

2. Les institutions affectent les conséquences des actions des états

3. Les institutions favorisent la connaissance au moment ou les acteurs font leur choix

4.Les institutions influencent les valeurs fondamentales au moment ou les acteurs              interagissent

 

Le premier axe représente les stratégies de type préventifs (permet de restreindre le champs d'action) et créatifs (permet d'élargir le champs d'action).

Le deuxième axe représente la stratégie de la carotte et du bâton: elle est plus coûteuse car il faut rémunérer certains types de comportement.

Les axes 3 et 4 représentent des stratégies cognitives et normatives.

 

structure de la collaboration (dilemme du prisonnier)

3, 3

 

 

2, 2

 

C'est la stratégie de la carotte et du bâton, pour changer la structure d'interaction il faut sortir du dilemme.

Stratégie des institutions: elles utilisent les sanctions et les récompenses; pour éliminer la possibilité de tricher elles emploient le mécanisme de surveillance des états, ce qui donne lieu au problème de la souveraineté des états: en donnant des pouvoirs étendus aux institutions, les états acceptent surveillance et sanction.

 

structure de la coordination

 

3 , 4

4 , 3

 

 

Il y a ici le risque que les acteurs ne s'entendent pas.

Stratégie des institutions: éliminer certaines opportunités (stratégie préventive, il ne reste plus qu'un choix), ou rendre une opportunité automatique (stratégie créative, il n'y a qu'une option envisageable). Il n'y a pas de punitions mais des auto-sanctions. La diffusion de l'info modifie les opportunités (ex: internet)

 

structure de l'assurance

4 , 4

 

 

2 , 2

 

Problème: doute l'un sur l'autre. Incapacité de faire ce que l'on a dit.

Stratégie des institutions: de type créatrice: modification des opportunités.

 

structure du groupe privilégié

4 , 3

3 , 4

2 , 1

1 , 2

 

Un acteur a intérêt à créer  le bien et poussera l'autre à en partager les coûts.

Stratégie de l'institution: la conséquence pour ceux qui ne font rien est la sanction.

 


 

Certains pensent que toute problématique de coopération passe par la création d'organisation internationales, d'institutions.. mais ce n'est pas le seul moyen (ex. privatisation des mers). On tend d'ailleurs à préférer d'autres moyens car la création d'institutions est compliquée et coûteuse.

 

3.   La création des institution: facteurs d'explication

 

Il y a trois étapes dans la création des institution:

 

4.   il faut un problème et que tout le monde soit conscient de ce problème

5.   il faut trouver une solution institutionnelle particulière

6.   il faut mobiliser les ressources nécessaires pour leur création ( argent, technologie), ceci fait référence à la capacité du gouvernement à extraire des ressources.

 

On trouve dans ces trois étapes les facteurs d'explication fondamentaux de la création des institution:

·      au niveau systémique: les ressources et la distribution ( voire: Keohane)

·      au niveau cognitif: quel est l'état de la connaissance scientifique dans le domaine qu'on veut réglementer (voire: Haas)

·      au niveau de la politique interne: configuration politique des acteurs qui veulent créer l'institution (voire: Milner)

 

Les acteurs

 

Quels sont les acteurs  qui influencent la création d'institutions?

·      les experts : ce n'est pas un groupe de pression car ils n'ont pas d'intérêts individuels dans la création de l'institution.

·      les états: ce sont les acteurs principaux

 

Haas:

Il pense que les experts sont très utiles lorsque il y a du flou. Plus le problème est nouveau et plus les experts ont une possibilité d'influencer la création d'une institution. les experts sont également très importants en situation de crise. Par ex. le choc économique des années '30 a ouvert des opportunités d'action aux économistes (FMI).

Problème: ces experts tombent toujours d'une manière ou d'une autre dans les groupes de pression.

 

Mobilisation des ressources

 

Une fois les solutions possibles établies, les états négocient sur les différentes options et sur la mobilisation des ressources. Le problème est le mise en oeuvre et le respect des accords. Lors de la phase de mobilisation des ressources, il est important que l'opinion publique soit d'accord avec la création de l'institution.

 


 

Conditions pour mobiliser les ressources:

 

·      théorie de la stabilité hégémonique (néoréalistes): il faut un grand acteur qui se charge de créer les institutions internationales car c'est lui qui a le plus d'intérêts à cette création (ex. USA & Bretton Wood). Cependant, le fait d'être hégémonique ne signifie pas que l'on puissent employer ses ressources n'importe quand et comment. il faut avoir la capacité d'avoir l'approbation des mécanismes de contrôle interne (ex. USA & Congrès). En effet, le but du gouvernement est de survivre et cela grâce aux votes, il va donc regarder ce que lui coûte l'institution en terme de votes (il prend le choix de l'électeur moyen qui vote en terme de chômage et d'inflation). Il faut également définir de quelle manière on mesure l'hégémonie: niveau économico-militaire,  capacité de mobiliser au niveau interne, technologie.

·      théorie de l'émergence spontanée (libéraux classiques): les institutions naissent spontanément et de l'accord de tous les acteurs. Cette théorie ne se vérifie pas vraiment au niveau empirique.

·      théorie de l'oligarchie: c'est un petit groupe d'acteurs prépondérants qui décide de la création de l'institution. Cette théorie est une alternative entre un seul et tout le monde, elle est très importante aujourd'hui car c'est elle qui explique le mieux la création des institutions.

 

Facteurs de politique interne pour la mobilisation des ressources:

 

·      on remarque que le système présidentiel est plus à même de mobiliser des ressources que le système fédératif qui est trop lent.

·      ces facteurs dépendent du contexte international. contexte signifie ici normes et principes diffus, acquis qui existent en relations internationales et qui facilitent la création des institutions. On remarque que ce n'est pas parce que ces acquis sont denses que la création est forcément plus facile: en effet, pour changer un système déjà établi il faut remettre en cause beaucoup d'éléments, ce qui est très coûteux. Il est donc difficile de revenir en arrière, le contexte a enlevé de l'agenda certaines options qui ne sont plus possible à cause des acquis.

 

7.   L'évolution des institutions

 

Les facteurs cognitifs des ressources du pouvoir et de la politique interne comptent pour comprendre l'évolution des institutions. Plusieurs idées sur l'évolution des institutions :

·      si l'état hégémonique disparaît, l'institutions disparaît également

·      si les conditions internes changent radicalement l'institution va évoluer car l'état ne sera plus à même de respecter ses engagements

·      les institutions changent si elles sont basées sur des évidences scientifiques fausses

 

Ces idées ne prennent pas en considération le fait que l'institution une fois crée a sa logique propre et qu'elle peut survivre par elle-même quelles que soient les modifications des conditions de sa création.

 


Disparition de l'état hégémonique

 

Comment l'institution peut avoir une  vie autonome ?  L'approche de Keohane (stabilité hégémonique) nie tout ce qui n'est pas du domaine des modifications des ressources du pouvoir. Selon lui, une institution survit s'il n'y a pas de changements dans la répartition du pouvoir chez les membres. Il donne trois exemples d'évolution de régimes:

·      le régime monétaire international (FMI)

·      le régime commercial international (GATT)

·      le régime pétrolier mondial

 

Le régime pétrolier est celui qui a subit le plus de changements. Ces changements sont dus à l'érosion des ressources pétrolières propres aux USA (l'état hégémonique) qui n'ont plus eu d'autres alternatives que d'acheter du pétrole dans les pays producteurs (disparition de l'hégémonie).

 

Dans le cas du régime commercial il est plus difficile d'appliquer la théorie de la stabilité hégémonique car il n'y a pas eu de changement complet du GATT. Mais Keohane montre que la théorie marche quand même en expliquant que même si leur rôle a diminué, les USA sont toujours les principaux commerçants du monde.

 

Les biens produits par les trois régimes (financiers, commerciaux, pétrol) sont différents. L’influence des institutions sur ces biens varie d’un domaine à l’autre. L’institution est faite sur mesure par le plus fort (suasion), lorsque l’état hégémonique décline, on retombe dans un jeu de type dilemme du prisonnier, assurance ou harmonie.

Dans le cas du régime monétaire il faudrait que le dollar baisse pour avoir une évolution.

 

Le problème de Keohane est de ne pas dissocier le bien public de l'institution. En effet, l'institution n'est pas le bien, mais l'instrument qui cherche à le produire. Dans le cas de l'état hégémonique l'institution sert à faire participer les autres (à payer) au bien, elle a donc un but coercitif. Si l'état hégémonique décline, l'institution décline également mais pas le bien ( qui n'est pas en danger par ce déclin).

 

Evolution de la politique interne

 

Si une modification de la politique interne peut amener un changement au niveau international, cela devrait être observable plus souvent! Les engagements internationaux priment souvent sur les modifications de la politique interne. Si les USA demandent des changements du FMI ils auront plus de chances que ces changements se fassent que si c'est la Suisse que le demande. On peut dire que les changements de politique interne ne sont pas un facteur déterminant de l'évolution de institutions.

      

                                               

EVOLUTION DU RéGIME MONéTAIRE DE 1945 à NOS JOURS

 

 

Architecture de base

 

Dès 1945 a lieu la mise en place du système monétaire. Le but est de corriger le tir par rapport aux échecs de l’entre deux guerres.

De 1870 à 1919 on emploie le système de l’étalon-or : toutes les monnaies ont leur équivalent en or. Il  a fallut changer ce système car il n’y avait plus assez d’or .

Entre 1920 et 1939. On passe donc au système de l’étalon de change or. C’est un mélange entre l’or et certaines monnaies nationales. Il y a cependant une perte de confiance dans la valeur de ces monnaies et les états cherchent à maximiser leur contenance en or. Ce problème de confiance plus le manque d’or aboutit à une une crise grave, le système ne fonctionne pas. Il y a en plus des problèmes de politique interne : on ne peut plus donner la priorité au maintient du système externe, l’élite doit à présent tenir compte des revendications des syndicats… Il y a donc des divergences internes.

Le système de Bretton Wood (BW) mis en place en 1944 est basé sur l’étalon dollar.

 

1. Philosophie

 

Avec BW on veut garder une certaine rigidité mais on veut que du pouvoir discrétionnaire soit laissé au gouvernement parce que sinon l’oppinion publique s’opposera aux institutions.

 

2. Premier acte : Bretton Wood

 

Eléments fondamentaux

 

Ces éléments sont la banque mondiale et le fond monétaire. Il y a deux notions centrales : la convertibilité (on veut pouvoir échanger les monnaies pour pouvoir commercer) et le système de taux de change fixes mais ajustables.

 

-         Flexibilité : toute monnaie a un équivalent en $ qui est lui-même encré sur l’or. Donc seul le $ est convertible en or. Si on veut changer des livres en or, il faudra d’abord les changer en $. Il faut faire une notification au FMI si on veut évaluer ou dévaluer sa monnaie de plus de 10%.

-         Accès à des liquidités détenues par le FMI (c’est le système des quotas). Tous les membres doivent y souscrire. Le montant initial qu’un état donne au FMI détermine combien il pourra emprunter. Chaque pays doit donner une partie de son quota en $.

-         Le FMI prévoit le contrôle des mouvements de capitaux. Cela permet une certaine autonomie de la politique nationale.

 

Selon Riché : on ne peut pas décider de la fixité, il faut choisir entre la libre circulation des capiataux et le taux de change fixe, mais on ne peut avoir les deux. Le système de BW veut l’autonomie politique (car les états veulent atteindre le plein emploi) et a donc oublié la libre circulation des capitaux.

 

Le plan Keynes (G-B) :

Le FMI serait une sorte de banque centrale mondiale qui serait la seule pour diriger une nouvelle monnaie. Ce système prend en compte le problème de la souveraineté des états et choisit de créer un pouvoir supranational et une nouvelle monnaie plutôt que de choisir une monnaie existante. Tous le monde est donc sur le même pied d’égalité. Ceci n’a pas été accepté par les USA

 

Le plan White (USA) :

Le FMI agit de manière discrétionnaire, il s’agit d’une cooperation décentralisée basée sur le $.

 

Ajustement

 

Comment revenir en équilibre lorsqu’il y a un déficit ou un excédent : Le système de BW prévoit 3 moyens :

-         Changement de la parité. Il faut l’accord du FMI pour un changement de plus de 10%. Au lieu de réduire nos dépenses, on rend les importations plus coûteuses et les importations moins coûteuses. Ceci est un moyen facile de remédier à un déficit commercial.

-         Emprunter des liquidités. On ne peut le faire que lors d’un déficit.

-         Réduire ses dépenses en renchérissant le coût de l’argent, ceci implique une baisse de la masse monétaire. C’est le moyen le plus dur mais le plus sain.

 

En respectant ces choix les acteurs créent un climat de confiance. Il y a d’autres moyens qui ne sont pas prévus par le système de BW et qui font baisser la confiance :

-         Utiliser la planche à billets, dans le système de BW il n’y a que les USA qui peuvent le faire. Ce moyen est interdit car les USA doivent garder une crédibilité dans le $. S’il y a trop de $ sa valeur baisse et les gens voudront s’en débarrasser. Ceci era baisser la confiance.

-         On ne peut essayer de s’ajuster en manipulant les échanges (liens entre BW et le GATT).

 

Paradoxalement, la difficulté du change fixe est d’obtenir un niveau nécessaire de liquidités.